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Optimisations SEO : levier pour le climat et l’environnement ?

Certains parlent de SEO éthique, de SEO écologique ou bien encore de Green SEO. Mais soyons honnêtes : les secteurs du marketing et du SEO sont loin d’être les plus vertueux en ce qui concerne l’environnement. Dans une certaine mesure, ils rassemblent de nombreux stratagèmes qui poussent à la consommation dans une économie encore largement carbonée.
Cependant, lorsque l’on s’attarde sur l’empreinte carbone du web, il est vrai qu’améliorer son SEO peut avoir un impact positif. En améliorant les performances de votre site ou en proposant des contenus de qualité, les optimisations SEO peuvent contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre associés à votre site web. Voyons ensemble.
Le numérique, un secteur aussi polluant que les poids lourds
Les secteurs du numérique et du web étant encore loin d’être soutenables, il reste encore beaucoup à faire. D’autant plus que ces secteurs prospèrent dans un contexte à la numérisation croissante. Internet compte aujourd’hui plus de 5.5 milliards d’utilisateurs actifs et le trafic mondial a été multiplié par 5 entre 2015 et 2025, notamment à cause de la croissance exponentielle des usages sur mobile.
Pour l’anecdote, environ 5 millions de recherches Google ont été effectuées depuis que vous lisez cet article, soit plus de 150000 recherches par secondes selon les dernières déclarations. Ce n’est pas un chiffre qui déplaira à un consultant SEO !
L’utilisation et la dépendance à internet ont fortement augmenté depuis la crise sanitaire en 2020 : télétravail, développement du e-commerce, plus grande consommation des services de streaming, etc. Chacune de ces activités en ligne porte un coût environnemental invisible pour l’utilisateur. Un coût qui est loin d’être négligeable. De fait, le numérique est responsable d’environ 4,4% des émissions de gaz à effet de serre de la France en 2022 selon les dernières estimations de l’Ademe.

Actuellement, la majorité des émissions provient de tous les terminaux numériques qui nous entourent (téléphone, ordinateurs, etc.) représentant 50% de l’impact carbone du numérique, tandis que l’autre majeure partie provient des serveurs et data centers (46%). Cependant, avec la multiplication des contenus en ligne et l’émergence de l’intelligence artificielle depuis fin 2022, la consommation énergétique des data centers dans le monde pourraient ainsi tripler d’ici 2030 selon The Shift Project, compromettant ainsi la soutenabilité du numérique.
À notre échelle, il est possible d’adopter des bonnes pratiques pour s’assurer que notre site web n’aggrave pas le problème. Et ça tombe bien, certaines d’entre elles correspondent à des optimisations SEO que vous pouvez rapidement mettre en place. Mais avant de réduire l’empreinte carbone de votre site internet, voyons d’abord d’où proviennent ses émissions de CO2.
Le flux incessant des données numériques
📌 Catégorie | 🔢 Nombre par minute |
---|---|
🏢 Minutes de réunion sur Microsoft Teams | 299 000 000 |
📧 Emails envoyés | 251 100 000 |
🎥 Reels lus sur Facebook et Instagram | 138 900 000 |
💬 SMS envoyés | 18 800 000 |
🔎 Recherches sur Google | 9 000 000 |
▶️ Vidéos regardées sur YouTube | 3 472 222 |
📸 Snaps envoyés sur Snapchat | 3 300 000 |
🗣️ Réponses données par Siri | 1 041 666 |
💼 Messages envoyés sur Slack | 1 040 000 |
📺 Heures de streaming sur Netflix | 362 962 |
La consommation énergétique d’une recherche Google
Chaque jour, comme des milliards de personnes, vous utilisez un moteur de recherche pour trouver des informations. Mais vous êtes-vous déjà demandé combien d’énergie consomme une recherche Google ?
Les chiffres varient selon les sources et tendent à diminuer au fil du temps, notamment avec les progrès technologiques. Selon des études récentes, une recherche Google moyenne nécessite environ 0,0003 kWh d’énergie pour être effectuée. Ce chiffre peut sembler dérisoire, mais il est loin d’être négligeable si l’on considère les quelques milliards de recherches Google qui sont effectuées chaque jour !
Il est intéressant de noter que la majeure partie de l’énergie utilisée pour une recherche Google provient des appareils que nous utilisons pour accéder à l’internet, et non des serveurs qui alimentent Google. Ainsi, si vous cherchez à réduire votre consommation d’énergie, un moyen simple consiste à utiliser des appareils plus économes en énergie. Un autre moyen consiste à limiter votre utilisation de Google (et des autres moteurs de recherche).
La consommation énergétique de votre site internet
Lorsque vous visitez une page web pour la première fois, votre navigateur envoie une requête au serveur qui héberge le site. Ce dernier répond alors en renvoyant les données qui composent les contenus et leurs formats, que votre navigateur rend ensuite sur votre écran. Ce transfert des données correspond à une certaine consommation énergétique qui elle-même correspond à une certaine quantité de CO2. Ce processus se produit chaque fois que vous chargez une nouvelle page. Plus cette page contient d’informations (images, vidéos, etc.), plus elle requiert un volume important de data.

La bonne nouvelle, c’est qu’une page excessivement lourde aura en général du mal à se positionner sur Google. C’est en premier lieu dans l’intérêt du moteur de recherche californien, dont les serveurs consomment beaucoup d’énergie, et qui souhaite apporter les meilleures réponses aux recherches. C’est pourquoi les algorithmes de Google inspectent notamment la qualité du contenu de vos pages, le rendu de votre site sur mobile ou encore le temps de chargement.
Ainsi, l’expérience offerte par vos pages web est un facteur incontournable de vos performances SEO. Vous pouvez évaluer ces aspects via un outil comme PageSpeed Insights, qui attribue un score de performance global à votre page sur mobile et bureau.
Ce score de performance favorise les sites optimisant leurs images, minifiant leurs fichiers CSS et JavaScript, utilisant des formats modernes et implémentant des solutions de cache efficaces. Ces optimisations peuvent alors conjointement améliorer votre référencement naturel et réduire l’impact environnemental de votre site.
Les optimisations SEO pour réduire l’impact carbone de votre site internet
Une stratégie SEO efficace va bien au-delà de l’optimisation des mots clés et de la création de liens (backlinks). Il s’agit avant tout d’optimiser chaque aspect de votre site web pour améliorer l’expérience utilisateur et apporter la bonne réponse. Chaque contenu doit ainsi être non seulement parfaitement accessible, mais aussi susciter confiance et fiabilité tout en vous démarquant de vos concurrents.
Des pages qui répondent parfaitement aux requêtes ciblées
Lorsqu’un utilisateur arrive sur votre site web, il a une demande ou une intention spécifique en tête. Si votre page y répond parfaitement avec des contenus de qualité et pertinents, alors elle réduira fortement l’impact environnemental final de sa recherche. L’utilisateur n’aura pas besoin de faire une autre requête sur Google ou de visiter un autre site Web, ce qui lui fera gagner du temps… et réduira sa consommation d’énergie ! Non seulement cela est bénéfique pour l’environnement, mais cela améliore également l’engagement sur votre site – et votre référencement !
C’est pourquoi une bonne stratégie SEO repose avant tout sur la compréhension des intentions de recherche et la création de contenus qui y répondent précisément. Cette démarche va bien au-delà du simple placement de mots-clés. Elle implique une analyse approfondie des attentes de votre audience et la création de contenus SEO structurés et pertinents.
Optimiser votre site pour réduire sa consommation énergétique
Une bonne stratégie SEO et un audit technique de qualité vous aideront à identifier les leviers qui permettront à la fois une meilleure expérience utilisateur, une réduction de la consommation d’énergie associée aux visites de votre site web et, bien sûr, un meilleur référencement sur les moteurs de recherche. Certains de ces principaux leviers correspondent aux optimisations SEO suivantes :
- Améliorer la vitesse de chargement des pages
- Supprimer les redirections inutiles et les liens brisés
- Optimiser la navigation avec un fil d’Ariane
- Désindexer les pages non pertinentes
- Proposer un contenu qualitatif et minimiser le bounce rate
- Réduire le nombre et la taille des ressources à charger (e.g. Javascript)
- Optimiser les médias (compression, vectorisation, format WebP, etc.)
- Implémenter une solution de cache
Lorsqu’elles sont mises en oeuvre correctement, ces différentes mesures peuvent avoir un impact significatif, tant sur l’efficacité énergétique de votre site web que sur son référencement.
Les cobénéfices d’un site performant et économe en énergie
L’optimisation de votre site web selon les bonnes pratiques SEO ne se limite pas à réduire son impact environnemental. Elle génère de nombreux autres avantages plus ou moins évidents :
- Meilleur référencement naturel – Les moteurs de recherche privilégient les sites rapides
- Réduction de l’empreinte carbone – Moins de requêtes et de bande passante
- Augmentation du taux de conversion – Les utilisateurs restent et s’engagent davantage
- Efficacité accrue des campagnes payantes – Meilleur Quality Score et CPC réduit
- Diminution des coûts d’hébergement – Moins de ressources nécessaires
- Renforcement de votre RSE au niveau numérique – Un site web moins énergivore contribue directement à votre politique de responsabilité sociale d’entreprise
- Amélioration de l’image de marque – Une meilleure expérience utilisateur auprès de consommateurs de plus en plus sensibles à l’environnement
Ces multiples bénéfices démontrent qu’améliorer votre SEO peut être à la fois un choix éthique et un investissement stratégique essentiel à votre activité.
Mesurer l’impact carbone de votre site web
Avant ou après avoir optimisé votre site web, vous voudrez certainement évaluer son impact environnemental. Plusieurs outils permettent d’estimer l’empreinte carbone d’un site, bien que ces mesures restent imparfaites.
Website Carbon Calculator est l’un des outils les plus populaires et simples à utiliser. Il analyse votre site en quelques secondes et estime les émissions de CO2 générées par page vue. Vous pouvez ensuite afficher un badge sur votre site indiquant son empreinte carbone estimée, ce qui permet de communiquer concrètement sur votre démarche éco-responsable.

D’autres solutions comme EcoGrader ou EcoIndex proposent des approches légèrement différentes. EcoGrader offre une analyse plus détaillée des bonnes pratiques, tandis qu’EcoIndex utilise une méthodologie développée par des experts français et fournit une note comparative par rapport à d’autres sites.
Il faut toutefois garder à l’esprit que ces outils présentent certaines limites. Comme l’explique DebugBear dans son analyse critique, ces calculateurs se basent principalement sur le poids des pages pour estimer les émissions, ce qui constitue une simplification excessive d’un système complexe. En réalité, l’impact carbone d’un site dépend comme on l’a vu de nombreux facteurs difficilement mesurables de l’extérieur avec un outil :
- Le type d’hébergement et sa source d’énergie
- L’efficacité des serveurs et des centres de données
- La consommation énergétique réelle lors du traitement des requêtes
- Les appareils utilisés par les visiteurs
- Le temps passé sur le site par les utilisateurs
Malgré ces imperfections, ces outils restent utiles pour sensibiliser et suivre vos progrès dans le temps. Au final, l’important n’est pas tant la précision absolue de la mesure que la démarche d’amélioration continue qu’elle encourage.
Nos actions concrètes chez Astralrank pour un web plus responsable
Nous sommes conscients que le secteur du web est loin d’être le plus vertueux, mais dans ce contexte, nous essayons de faire au mieux que ce soit pour nous ou nos clients.
- Certification Bricks Builder : Avec ce constructeur de site WordPress performant, nos sites ont un code HTML sémantique propre qui améliore considérablement l’expérience utilisateur, l’accessibilité et les performances d’ensemble par rapport à des constructeur comme Divi ou Elementor.
- Solution de cache LiteSpeed : Nous utilisons LiteSpeed Cache pour réduire le nombre de requêtes et la bande passante nécessaire. Cette solution permet aussi une diminution de la charge du serveur, ce qui réduit in fine sa consommation énergétique.
- Réseau de distribution de contenu (CDN) : Notre CDN permet de distribuer les contenus statiques de façon plus économe en réduisant notamment la distance parcourue par les données ainsi que la consommation d’énergie de nos serveurs.
- Minification des fichiers CSS et JavaScript : Tous nos fichiers CSS et JavaScript sont minifiés pour réduire leur taille et accélérer le chargement des pages.
- Lazy loading des images et vidéos : Nous implémentons systématiquement le chargement différé des médias qui ne sont pas immédiatement visibles à l’écran.
- Compression avancée des médias : Utilisation systématique du format WebP pour les images ou WebM pour les vidéos.
- Hébergement web performant : Notre hébergeur web Hostinger nous garantit des serveurs parfaitement optimisés pour WordPress et engagés dans une démarche responsable, avec notamment un objectif 100% d’électricité renouvelable d’ici 2026 (58% en décembre 2024).
- Pertinence des contenus : En tant qu’agence SEO, nous mettons un point d’honneur à créer des contenus de qualité et des articles à forte valeur ajoutée.
Grâce à ces optimisations, nos sites obtiennent d’excellents scores de performance (souvent 90+ sur Google Lighthouse) et consomment moins d’énergie qu’environ 85-90% des autres pages sur le web (selon Websitecarbon). On peut mieux faire, mais c’est déjà pas mal !

Conclusion
Et vous, que pensez-vous mettre en place pour rendre votre site internet à la fois plus performant et plus respectueux de l’environnement ? La bonne nouvelle c’est que vous connaissez maintenant une solution commune à ces deux problèmes : améliorer le référencement naturel de votre site web !
Pour passer à l’action, vous pouvez commencer par contrôler les différents points abordés dans cet article. Si vous souhaitez aller plus loin, trois options s’offrent à vous :
- Réaliser un audit SEO de votre site pour identifier précisément les points d’amélioration et optimisations possibles
- Opter pour un accompagnement SEO complet avec un consultant dédié qui vous guidera pas à pas et optimisera votre site et son SEO mois après mois
- Envisager une refonte de votre site web avec WordPress et Bricks Builder qui offrent d’excellentes performances
Ces démarches vous permettront d’identifier les améliorations prioritaires tant en termes d’efficacité énergétique que de référencement. Comme nous l’avons vu tout au long de cet article, performance SEO et responsabilité environnementale peuvent aller de pair – quand c’est bien fait.
– Astralrank
Pour aller plus loin
Afin d’explorer les impacts du numérique et les réduire, vous pouvez consulter le petit guide pratique de sobriété numérique de l’ADEME, l’article du Bon pote sur les emails et les publications du Shift Project sur les impacts environnementaux du numérique. Vous pouvez également vous procurer l’ouvrage « Ecoconception web : les 115 bonnes pratiques : Doper son site et réduire son empreinte écologique » de Frédéric Bordage qui traite en profondeur de ces questions.
- Le numérique représente 4,4% des émissions de GES en France, avec plus de 150 000 recherches Google par seconde dans le monde.
- Un site SEO optimisé réduit l'impact environnemental par sa pertinence (moins de recherches supplémentaires) et ses performances techniques (consommation énergétique réduite).
- Les optimisations techniques (vitesse, compression, cache) améliorent simultanément le référencement et l'efficacité énergétique du site.
- D'autres bénéfices incluent un meilleur taux de conversion, des campagnes SEA plus performantes et un renforcement de la RSE.
- Des outils comme Website Carbon permettent d'évaluer l'empreinte carbone d'un site web.